Plein été




Cette image de Lucie, est une image non voulue. Souvent les plus élégantes, les plus poignantes, les plus justes, finalement. Celles que l'on ne commandent pas, que l'on ne maitrisent pas. Celles qui arrivent et se dessinent sans prévenir. D'ailleurs Lucie me demande souvent "dis, pourquoi tu prends des photos même quand ça sert à rien?" (c'est à dire les moments où elle se recoiffe, où elle va chercher un objet, où elle se frotte les yeux, comme ici) et souvent je lui explique que ce sont ces moments là, ceux qui ne servent à rien, qui détiennent les plus jolies photographies. Je lui explique l'idée d'une photo, sa force, son émotion... 

La tendresse, le coton et le reste



C'était une très jolie maison proche de Nantes, une ancienne école, de grandes pièces ou l'on entendait encore les craies sur les tableaux et les enfants sous le préau. C'était un moment très doux et très affirmé. De la maille, du coton, de la laine, du bois, des peaux réchauffées et réchauffantes. Ces images, réalisées en duo avec Aurélie sont le fruit d'un travail autour de mots clefs, de références, d'exigence aussi. Aborder l'univers du bébé, être en éveil, accepter la maladresse comme quelque chose de joli, d'assez juste finalement.


Du bleu, des céréales



Et puis Juin. Les jupes des filles au cinéma, la couleur du blé sur les bords de route, celle des vacances sur les bords des agendas. Et puis Roland Garros et bientôt le Tour de France celui qui sent l'été, celui que l'on aime malgré tout, celui qui rend confortable et saisissable l'idée des quais de gare. Les derniers jours de classe, les dernières poésies. Les spectacles de fin d'année, les kermesses, les parents d'élèves et le savon, toujours toujours, le savon. Les manches retroussées, les éclats de rire, les vêtements trempés, la bouche pleine de sucre. Les jardins de juin, ceux qui n'ont pas la notion du temps, les nappes froissées, le vent sur toutes les nuques, sur tous les lendemains.


La petite robe rouge

Le mercredi a toujours été une question de point de vue, de regard sur la vie. Il tranche la semaine, on le sait libre pour les tout petits et enchainé à cette vision, pour les tout grands. Le mercredi est un choix, avant d'être un état d'âme (comme peut l'être un lundi ou un dimanche) : un verre à moitié vide (ce n'est que mercredi - c'est lent une semaine placée sur un mercredi) ou un verre à moitié plein (mercredi le presque lundi du week-end - il est un pied dans la fin de semaine). Mais il reste avant tout le seul jour de la semaine à s'inscrire dans la mémoire comme quelque chose de doux, d'heureux et de sucré. Il sonne juste, il sent la barbapapa et les goûters à rallonge. On veut que la pause soit plus longue, que le déjeuner soit plus festif (comme celui du vendredi), on le veut différent car on l'a connu différent. Il fait parti de notre enfance, un peu comme ça...


 

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